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J'ai fait une grande découverte aujourd'hui sur ma vie. Ça fait 11 ans que je me demande pourquoi la dispute entre mes parents et mes grands parents m'a tant affectée et continue de me fair emal alors que ça fait 5 ans et demi qu'ils se sont réconciliés. Les faits: Noël 1998. Repas de famille chez mes grands parents paternels. Sont présents: mes grands parents paternels, mon oncle et ma tante (soeur de mon père), mes parents, ma soeur et moi. Mon oncle excite sa chienne avec son bras en disant "Vas-y mords". Je suis assise juste à côté de lui. Je veux donner gentiment à manger à la chienne, elle me mord. Ma grand mère s'exclame "Anaïs, laisse la chienne tranquille!" Ma mère se lève et dit "Ça suffit, y'en a marre, Anaïs n'a rien fait, c'est son oncle qui a excité la chienne" Et c'est ainsi que la dispute a commencé. Ça fait des années que je travaille là-dessus avec des psys, sur cet épisode qui me tourmente. Ils me demandent tous la même chose "Vous sentez-vous coupable de cette dispute étant donné que tout est parti de vous avec votre grand mère qui vous réprimande?". Non pas du tout. Je n'ai jamais senti de culpabilité à ce propos. Je n'ai jamais eu l'impression d'être responsable de cette dispute. Alors pourquoi cela me bouleverse tant? Pourquoi est-ce que lorsqu'on évoque ma maladie c'est toujours ce jour qui me vient en tête comme élément déclencheur? De plus mes parents ne comprennent pas que je puisse m'en rendre malade alors que c'ets une dispute entre eux et mes grands parents -et mon oncle et ma tante-, mais pas moi!!!! Et pourquoi cela n'a pas affecté autant ma soeur? Pourquoi elle ne s'en est-elle pas rendue malade? Je viens de découvrir -enfin!!!!- quelque chose aujourd'hui: je n'en voulais pas à ma grand mère de me dire de laisser la chienne tranquille. Je ne l'ai pas pris comme une agression. Pour moi c'était un conseil, pour mon bien. Juste le fait de ne pas m'occuper de la chienne pour ne pas qu'elle me morde. C'était comme pour me protéger plus que pour me réprimander, étant donné qu'elle n'osait pas faire de réflexion à mon oncle. Et ma mère a réagi, répondu à ma place en protestant, en disant que c'était injuste, que ma grand mère n'avait pas à s'en prendre à moi alors que le responsable prmeier était mon oncle. Mais moi je n'ai pas ressenti d'injustice. Ma mère m'a supplantée. Elle a pris ma place. Elle a agi à ma place mais en désaccord avec ma propre pensée, mes propres sentiments. Dès lors j'ai eu l'impression de ne plus être un sujet à part entière. Je l'ai d'abord manifesté par l'anorexie -l'effacement du corps, l'abstraction des besoins vitaux (manger, domir) mais ça n'a fait qu'empirer les choses: mes parents ont de plus en plus pris des décisions à ma place avec notamment les hospitalisations. Alors est venue la boulimie. Le contraire. Montrer que non j'existe: j'absorbe une quantité phénoménale de nourriture, l'argent qui va avec, je salis les tables, l'électroménager, les toilettes, le sol... mais aussi en-dehors des crises de boulimie, je m'étale, je mets mes affaires partout dans la maison. Mais je ne cesse d'avoir par moments des comportements d'anorexique pour tout de même souligner ce que je ressens... 
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